![]() |
Citoyens
pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien |
L’édition du 23 février 2005 de l’hebdomadaire local Le Carillon rapportait que « Hawkesbury-Est interdit les mégaporcheries » par l’adoption d’un nouveau règlement municipal le 14 février.
Le règlement 2005-23 interdit « de créer ou d’établir, de posséder, maintenir ou opérer, directement ou indirectement, une installation porcine intensive, sur tout le territoire du Canton [de Hawkesbury-Est] » (traduction de l’anglais). L’expression « installation porcine intensive » y est définie comme ceci : « installation agricole qui implique la reproduction, l’élevage, la garde, l’hébergement, les soins ou le maintien de porcs en nombre excédant 500 animaux vivants » (traduction de l’anglais).
Les Citoyens pour l’environnement et l’avenir de l’Est ontarien (CEAEO) félicitent et remercient le Conseil municipal de Hawkesbury-Est pour cette décision.
De toute évidence, le Conseil municipal a entendu les préoccupations de la très grande majorité des citoyens et citoyennes, y compris des agriculteurs locaux; il a analysé adéquatement la documentation qui lui a été présentée (notamment par le CEAEO); et il a consulté une avocate hautement qualifiée en la matière.
Le préambule du Règlement souligne d’importants points d’appui à sa décision :
les municipalités ont été créés pour être des gouvernements responsables et imputables; elles ont la capacité, le droit et le pouvoir de réglementer localement sur des questions touchant la santé, la sécurité et le bien-être de leurs habitants, y compris en ce qui touche les excréments, les animaux, les odeurs, les nuisances publiques et risques de telles nuisances;
le rapport intitulé Nutrients and their impact on the Canadian Environment (publié par les ministères fédéraux de l’Agriculture, de l’Environnement, des Pêcheries, de la Santé et des Ressources naturelles) a conclu que, dans les régions où l’on pratique l’élevage intensif, les quantités de fumier générées dépassent les besoins des champs en culture – ce qui soulève de sérieuses préoccupations liés à l’environnement et à la santé, en particulier quant à la qualité de l’air, à l’eutrophisation des eaux de surface et à la contamination des eaux souterraines;
la déclaration du gouvernement du Québec, d’une « préoccupation urgente … à cause de la forte augmentation des opérations porcines depuis quelques années, et d’un impact environnemental résultant de ces opérations »;
les résolutions de l’Association médicale canadienne, demandant aux gouvernements de ne plus accorder de permis pour des élevages porcins intensifs, jusqu’à ce que des recherches aient permis de comprendre leurs effets sur la santé humaine;
les mémoires et exposés présentés au Conseil de Hawkesbury-Est par de nombreux citoyens de la communauté;
l’importance que Hawkesbury-Est et ses habitants accordent à la santé, à la sécurité, aux bien-être des citoyens, ainsi qu’à la protection de l’environnement;
le fait que le plus grand risque identifié, pour l’environnement ainsi que la santé et la sécurité humaine, est généré par les installations porcines intensives – et que ces exploitations agricoles nécessitent par conséquent un degré de précaution plus élevé;
devant le risque considérable de dommages graves ou irréversibles à l’environnement et aux habitants de la municipalité, les enjeux de la santé et la sécurité publiques ainsi que le développement durable ne peuvent être assurés, dans ce contexte que par des mesures proactives conformes au « principe de précaution »;
et le Conseil a établi que, afin de réagir adéquatement et de manière appropriée aux enjeux locaux, afin de protéger ses avoirs et de favoriser le bien-être présent et futur de la municipalité, sur le plan économique, social et environnemental, il est d’intérêt public, nécessaire et désirable, que la municipalité adopte des dispositions pour ses habitants et son environnement, en ce qui a trait aux installations porcines intensives.
Le territoire de Hawkesbury-Est est donc prémuni contre les intégrateurs de l’industrie du porc désireux de s’établir sur son territoire.
Le CEAEO doit toutefois signaler que les élus de certaines municipalités situées aux limites de Hawkesbury-Est, ont des positions qui montrent qu’ils n’ont pas encore compris la menace que peut représenter l’invasion des industriels du porc, pour l’avenir de leur localité. Si d’autres mégaporcheries y étaient établies, il se peut que des résidents de Hawkesbury-Est en subissent des effets – selon les diverses situations géographiques, la nappe phréatique, les ruisseaux et rivières, le vent, les routes pour le camionnage, entre autres, ne connaissent pas les frontières municipales et pourraient étendre des effets pervers d’un canton à l’autre.
Les territoires avoisinants qui, d’après le CEAEO, seraient vulnérables à une invasion d’intégrateurs porcins sont :
North-Glengarry, où certains élus mal informés croient que les mégaporcheries peuvent s’inscrire dans un schéma de développement durable; et
les municipalités québécoises limitrophes, en particulier Rigaud et d’autres municipalités de la MRC de Vaudreuil-Soulanges, où des intégrateurs pourraient s’intéresser à un développement rapide depuis que le moratoire interdisant la construction de mégaporcheries a été levé par le gouvernement libéral, à la fin de 2004, sans qu’une réglementation adéquate ait été mise en place.
Le CEAEO souhaite en outre remercier les citoyens qui lui ont fait des dons pour l’avancement de son travail de défense des droits et intérêts de la communauté. Il continuera d’être vigilant dans ce dossier.